août 21 2011

Thibault, épisode 0

« Puisse l’œuvre de ma vie compenser mon méfait. »

Wilhelm Reich

Reich a passé une bonne partie de sa vie et de son œuvre à tourner autour d’une même culpabilité : le suicide de sa mère. Remords entêtants et traces indélébiles d’une drôle d’enfance (où le gamin se tape quotidiennement la cuisinière pendant la sieste parentale) qui le pousseront pêle-mêle à explorer la fonction de l’orgasme et inventer une machine à faire tomber la pluie. N’y voyez aucun lien particulier : Wilhelm est un éclectique foudroyé par la vie.

Serions-nous les prisonniers de notre propre passé, condamnés à vivre les infinies variations d’une même histoire ? A reproduire, bien malgré nous, cette fameuse soirée d’aout où, alors que Martine nous invitait enfin à danser, nous devions fatalement rester assis sur cette chaise en plastique blanc merdique, paralysé par l’une de ces irrépressibles érections adolescentes?

Maudite soit Martine, trop belle, trop tôt.

Maudit soit Grosfillex, tatoué à jamais sur les tissus de mon postérieur.

Cette pensée assez déstabilisante est pourtant facile à étayer. Que ce soit dans le parcours des plus grands penseurs, ou plus simplement dans celui de notre propre vie, on trouvera toujours un évènement passé, souvent toujours dans l’enfance, qui semble alors construire et être à l’origine de tous les autres.

Vous me connaissez… Grand humaniste que je suis, je ne peux me résoudre à cette simple répétition névrotique, à ces épisodes originaires que l’on subirait telle une malédiction psychologique auto-immune et incurable.

Bien au contraire. Je pense que ces récits-là nous les choisissons, les entretenons comme une mythologie intime qui nous permet de nous construire. Ils ne sont pas un obstacle à notre libre arbitre mais plutôt l’étai qui maintient nos dizaines de kilos d’existence incertaine en place.

L’épisode originaire, le « pilote » de notre vie, c’est souvent cette petite histoire que l’on raconte en fin de soirée à un ami déjà trop soûl pour nous juger. Réfléchissez-y, vous en avez forcément une.

La mienne se déroule dans la cours de mon collège. Moi, ado balladeur, survolant une scolarité aussi ennuyante qu’elle est supposée m’emporter vers une existence que je ne suis pas encore décidé à mener autrement que dans l’imposture. Les feuilles de l’automne tombent au ralenti au rythme des fanfares nazies qui, après tout, ne sont pas si salauds que ça puisqu’ils apprécient Wagner. Pardon. Christophe Barratier s’est soudainement emparé de moi. Reprenons. *

Voici la séquence qui pourrait ouvrir un jour mon Biopic :

EXT JOUR. LA COUR DU COLLEGE
La sonnerie retentit dans la cours de récréation d’un collège de centre-ville. Les élèves qui viennent se mettre en rang soulèvent au passage la poussière d’un sol pas encore goudronné.

Alors que le nuage se disperse et que les existences se rangent raisonnablement, on découvre un peu à l’écart un adolescent, l’air déjà fatigué, chevelure incertaine. Il s’agit de THIBAULT.

Il s’avance lentement le long de la ligne qui délimite l’emplacement de sa classe, un carnet de correspondance décrépi roulé entre les mains.

Sa tête quitte soudainement les pieds qu’il connait si bien. Au bout de l’alignement quasi parfait de sac à dos, il découvre SON PROFESSEUR DE FRANÇAIS, une lourde pile de feuilles entre les bras. Elle distribue aux élèves alentour une liasse photocopiée.

Thibault s’approche d’UN DE SES CAMARADES, la tête plongée dans les feuilles.

THIBAULT
C’est quoi ? La correction du D.S ?

LE CAMARADE
Non. (un temps. Il lui tend le document) C’est ta rédaction.

Sur la feuille Thibault reconnait les dessins irréguliers de son écriture : « Thibault Durand 4°2 ».  Son professeur lui adresse un bref sourire.

LE MONDE se remplit soudainement.

Je retrouve dans ce court instant de mon adolescence – assez pathétique, je vous l’accorde – la possibilité d’une vie toute entière qui se dessine. Il y en a bien d’autres que j’aurais pu retenir, moins anodins, peut-être plus traumatiques. Mais c’est bien celui-ci qui me guide désormais :

L’espoir d’un adolescent mal coiffé qui souhaitait sortir du rang… Et partager ses histoires.

* Note : Il serait tout à fait intolérable de vous laisser penser que Barratier entretient une quelconque nostalgie complice pour l’autre Reich. Même musicale. Ce n’est pas mon genre.

Thibault, épisode 0

« Puisse l’œuvre de ma vie compenser mon méfait. » Wihelm Reich

Reich a passé une bonne partie de sa vie et de son œuvre à tourner autour d’une même culpabilité : le suicide de sa mère. Remords entêtants et traces indélébiles d’une drôle d’enfance (où le gamin se tape quotidiennement la cuisinière pendant la sieste parentale) qui le pousseront pêle-mêle à explorer la fonction de l’orgasme et inventer une machine à faire tomber la pluie. N’y voyez pas de lien particulier : Wihelm est un éclectique foudroyé par la vie.

Serions-nous les prisonniers de notre propre passé, condamnés à vivre les infinies variations d’une même histoire ? A reproduire, bien malgré nous, cette fameuse soirée d’aout où, alors que Martine nous invitait enfin à danser, nous devions fatalement rester assis sur cette chaise en plastique blanc merdique, paralysé par l’une de ces irrépressibles érections adolescentes?

Maudite soit Martine, trop belle, trop tôt.

Maudit soit Grosfillex, tatoué à jamais sur les tissus de mon postérieur.

Cette pensée assez déstabilisante est pourtant facile à étayer. Que ce soit dans le parcours des plus grands penseurs, ou plus simplement dans celui de notre propre vie, on trouvera toujours un évènement passé, souvent dans l’enfance, qui semble alors construire et être à l’origine de tous les autres.

Vous me connaissez… Grand humaniste que je suis, je ne peux me résoudre à cette simple répétition névrotique, à ces épisodes originaires que l’on subirait telle une malédiction psychologique auto-immune et incurable.

Bien au contraire. Je pense que ces récits-là nous les choisissons, les entretenons comme une mythologie intime qui nous permet de nous construire. Ils ne sont pas un obstacle à notre libre arbitre mais plutôt l’étai qui maintient nos dizaines de kilos d’existence incertaine en place.

L’épisode originaire, le « pilote » de notre vie, c’est souvent cette petite histoire que l’on raconte en fin de soirée à un ami déjà trop soûl pour nous juger. Réfléchissez-y, vous en avez forcément une.

La mienne se déroule dans la cours de mon collège. Moi, ado balladeur, survolant une scolarité aussi ennuyante qu’elle est supposée m’emporter vers une existence que je ne suis pas encore décidé à mener autrement que dans l’imposture. Les feuilles de l’automne tombent au ralenti au rythme des fanfares nazies qui, après tout, ne sont pas si salauds que ça puisqu’ils apprécient Wagner. Pardon. Christophe Barratier s’est soudainement emparé de moi. Reprenons. *

Voici la séquence qui pourrait ouvrir un jour mon Biopic :

EXT JOUR. LA COUR DU COLLEGE

La sonnerie retentit dans la cours de récréation d’un collège de centre-ville. Les élèves qui viennent se mettre en rang soulèvent au passage la poussière d’un sol pas encore goudronné.

Alors que le nuage se disperse et que les existences se rangent raisonnablement, on découvre un peu à l’écart un adolescent, l’air déjà fatigué, chevelure incertaine. Il s’agit de THIBAULT.

Il s’avance lentement le long de la ligne qui délimite l’emplacement de sa classe, un carnet de correspondance décrépi roulé entre les mains.

Sa tête quitte soudainement les pieds qu’il connait si bien. Au bout de l’alignement quasi parfait de sac à dos, il découvre SON PROFESSEUR DE FRANÇAIS, une lourde pile de feuilles entre les bras. Elle distribue aux élèves alentour une liasse photocopiée.

Thibault s’approche d’UN DE SES CAMARADES, la tête plongée dans les feuilles.

THIBAULT

C’est quoi ? La correction du D.S ?

LE CAMARADE

Non. (un temps. Il lui tend le document) C’est ta rédaction.

Sur la feuille Thibault reconnait les dessins irréguliers de son écriture : « Thibault Durand 4°2 ». Son professeur lui adresse un bref sourire.

Le monde se remplit soudainement.

Je retrouve dans ce court instant de mon adolescence la possibilité d’une vie toute entière qui se dessine. Il y en a bien d’autres que j’aurais pu retenir, moins anodins, peut-être plus traumatiques. Mais c’est bien celui-ci qui me guide désormais :

L’espoir d’un adolescent mal coiffé qui souhaitait sortir du rang… Et partager ses histoires.

Note : Il serait tout à fait intolérable de vous laisser penser que Barratier entretient une quelconque nostalgie complice pour l’autre Reich. Même musicale. Ce n’est pas mon genre.


juil 18 2011

Corps étrangers

Puisque j’ai eu une semaine presque calme début juin – ne vous moquez pas, ça arrive – j’ai décidé de profiter de l’appel à projet de la Collection « Ecrire pour… » Canal + pour faire chauffer un peu Final Draft. J’suis comme ça, moi : un ouf. Un acharné sans limite. Appelez-moi Ayrton Scénnar.

Le résultat : deux scénarios d’une dizaine de minutes écrits en une petite semaine sur un coin de bureau. Pour ceux qui ne s’intéressent pas à l’univers trépidant du court, l’objectif de cette collection est d’écrire un film sur mesure pour un comédien choisi. L’année dernière on avait le droit à Nathalie Baye mais pour cette édition ils étaient plus nombreux en quête de personnage. Alors j’ai jeté mon dévolu sur Jean Marc Barr et Linh-Dan Pham. Je n’ai rien contre Yann Barthès, mais tant qu’à faire…

C’était une première d’écrire une histoire spécialement pour un comédien et ses envies du moment. Je dois avouer que c’est assez kiffant, comme disent les jeunes de Plus Belle la Vie. Surtout lorsque l’on choisit des gens comme eux. Je veux dire… Qui en ont. Je me suis senti soudainement comme un petit tailleur new-yorkais qui approcherait ses mains tremblantes vers l’entrejambe de De Niro…

Le scénario destiné à Linh-Dan Pham raconte l’histoire d’une prostituée qui se retrouve échouée entre deux frontières suite à la fermeture de l’espace Schengen. Il faudra que je vous fasse lire ça, un jour.

Et voici pour celui qui aurait dû être proposé à Jean Marc Barr :

Synopsis : Lendemain d’élections. Arnaud est nommé ministre de l’immigration. Une douleur vive s’empare de lui…

Puisque ce scénario est condamné à ne jamais voir le jour, je vous le mets à disposition en cliquant ici.

Ca ne devrait pas changer votre vie ou votre taux de cholestérol (pour ça il y a Danacol), mais si vous esquissez un sourire (pour ça, il y a surtout l’éthanol), je n’aurais pas travaillé en vain.

Je pense mettre rapidement en ligne d’autres projets qui trainent dans mes tiroirs. Ca me délivrera de cette culpabilité qui sonne aux heures creuses de mon existence bloguesque.

Prenez soin de vous !


juin 23 2011

En bonus

Pour les curieux, voici le scénario de Synecdoche :

http://www.thibaultdurand.fr/synecdoche_screenplay.pdf

Une leçon de virtuosité et de créativité.

MISE A JOUR : Une personne proche, dont je tairai le nom par respect pour sa famille, m’a accusé d’un favoritisme aveugle envers les auteurs anglophones… Je tenais à réparer cette injustice en mettant en avant un talent bien de chez nous :

http://www.thibaultdurand.fr/scenario-v3.pdf

Voilà. N’y voyez bien évidement aucune malice… C’est pas mon genre.

http://www.thibaultdurand.fr/v3-du-scenario.original.pdf

juin 14 2011

Charlie et la cinématographie

Le temps me manque. Je ne sais pas si c’est réciproque, mais voilà de quoi s’occuper : un bel entretien avec Charlie Kaufman (scénariste d’Eternal Sunshine, Human Nature, Dans la Peau de John Malkovich, Adaptation…). On passera sur la platitude des questions de l’intervenante pour se concentrer sur le personnage Charlie, petit animal apeuré dans les phares de la voiture, et surtout, sur ce qu’il nous raconte :

Interview Charlie Kaufman (YouTube)

Synecdoche, New York est le premier long métrage que Charlie Kaufman ait écrit et réalisé. Je ne disserterai pas là-dessus, pas tout à fait envie de me lancer dans la critique cinéma. Ce ne serait un cadeau pour personne.

Juste vous conseiller de le regarder si ce n’est déjà fait. Vraiment. Il a reçu un accueil très mitigé, souvent critiqué par la prolixité (je vous jure que ça existe) de son propos, son côté quelque peu brouillon. Bien sûr, comme tout film il a ses défauts, mais il est fatiguant de le voir attaquer systématiquement sur la « structure » du scénario. Elle est inhabituelle, déroutante, mais surtout incroyablement libre. Grande nouvelle : faire un film ce n’est pas que de la charpenterie.

Kaufman fait partie de ces gens qui pensent le scénario comme une vraie œuvre, au-delà des méthodes toutes faites que l’on voudrait nous vendre à la tonne. Est-ce que c’est la meilleure façon de faire un film qui « marche » ? Probablement que non.

Charlie Kaufman est un auteur de cinéma. Avec les risques que ça comporte.

Mais, sans rire*, je ne me suis jamais senti aussi en vie qu’en regardant ce film.

Longue vie à Charlie.


avr 25 2011

Fond de caisse

(attention, ce message contient une dose habituelle de mauvaise-foi)

Il y a un réalisateur qui cristallise une haine profonde en moi. Je sais, c’est mal, je devrais me contenter de chanter la beauté du monde mais…

L’une des rares personnes que je n’ai jamais rencontré mais qui finit d’éteindre les quelques flammes d’espoir que je gardais encore pour l’humanité : Sean Ellis. Vous remarquerez -  en toute objectivité -  que son nom sonne déjà comme le mauvais méchant d’un mauvais James Bond.

Sean Ellis commence sa vie de la pire des façons : il est photographe de mode. Photographe de mode c’est la vacuité absolue (la mode) additionné à la pire des disciplines artistiques (la photo,  préférée des petites bourgeoises sans talents). Avouez-le, on a tous une amie un peu jolie et un peu  bête qui vous fait subir quotidiennement des œuvres photographiques d’une platitude édifiante. D’ailleurs, c’était bien le vrai propos dissimulé dans Vicky Christina Barcelona de W.Allen : la photo, c’est pour les gens qui ne savent rien faire d’autre. CQFD

Comme toutes les petites bourgeoises sans talents qui peuplent notre terre à la recherche de nouvelles façons de remplir leur frigo américain en aluminium brossé, Sean a très envie de faire partager sa vision du monde. Pauvre de nous.

Après avoir tapiné travaillé dans le monde de la publicité et de la mode, réputés pour leur profondeur de pensée et leur altruisme, Sean décrète donc qu’il est temps de nous éclairer de son fulgurant talent d’auteur sur la terrible société de consommation dont il entretient les pires aspects. Le résultat, vous le connaissez tous :

CASHBACK

Alors oui, on pourrait penser que CashBack est un joli court-métrage, avec un certain propos (que l’on pourrait résumer ainsi : c’est chiant de faire le boulot des pauvres) et de jolies images. Grossière erreur : Cashback est la pire arnaque dans l’histoire du film court. Il représente tout ce que je peux détester dans cette nouvelle génération de réalisateur-clipeur-poseur : rien à dire, tout à montrer.

Non content de sa petite entourloupe esthétisante, Sean Ellis persiste et signe son crime avec la plus grosse arnaque dans l’histoire du film de long-métrage : Cashback le film, que l’on pourrait résumer ainsi : c’est chiant de faire le boulot des pauvres quand on s’est fait larguer… Merci Sean…

Sean le maléfique a créé un précédent qui est devenu une nouvelle mode chez quelques réalisateurs en devenir : Le Mythe du Court-Métrage-Qu-En-Fait-Ca-Va-Devenir-Un-Long aka Le Court de Troie.

On voit donc de plus en plus de projets de court circuler dont le but revendiqué est de se transformer plus tard en long-métrage. C’est un peu bizarre comme idée, je trouve. Il doit vraiment falloir être à court d’idée pour essayer d’en décliner une à ce point. Si un jour j’ai la possibilité ou l’envie de proposer un long, je n’aimerais pas qu’il ait un arrière-goût de réchauffé. Et je pense qu’il en est de même pour 95% des producteurs. Je veux dire, les vrais producteurs. D’ailleurs quand on voit les revenus générés par le Cashback version longue, Sean a dû regretter la bonne vieille époque de la pub.

Penser qu’une histoire puisse s’exprimer indifféremment sur une courte ou longue durée me parait aussi foireux que de vouloir préparer un caddie de supermarché pour le Paris-Dakar. Chaque idée de film, chaque point de départ définit intrinsèquement sa durée. Un court ne devrait pas être un mini long-métrage, ou le fragment d’un ensemble plus grand, mais simplement un objet narratif qui se suffit à lui-même. Ainsi soit-il, et les vaches seront bien gardées.

Que les photographes de modes continuent à photographier des jolies filles pénibles, et que les courts-métrages restent ce qu’ils sont : de courtes histoires.

Joyeuses pâques !


avr 17 2011

Nouvelle bande-démo !

Voici ma nouvelle bande démo, avec les premières images d’Hors le Mur à l’intérieur :

Ça se passe ici !


avr 3 2011

Le sexe des réalisateurs

Parfois, quand l’ennui vient combler mes 11m² habitables, je m’égare dans des activités limites.

La plupart ne sont pas racontables sur ce blog. Parce qu’elles impliquent des rediffusions d’émissions de télé-réalité ou des reportages sur la destruction de gros bâtiments… Et je ne voudrais pas écorner la belle image d’homme sensible et cultivé que certains  – s’il en reste – ont encore de moi. Ce n’est pas de ma faute si j’ai parfois trouvé plus de vérité dans un épisode de Confessions Intimes que dans l’œuvre entière de Deleuze *.

C’est le genre de moment où je finis par googliser tout ce qui me passe par la tête. Après avoir découvert comment se débarrasser des taupes sans violence grâce aux quatrièmes de couv’ de Despentes, j’atterris sur une étude du CNC sur la production de court-métrage en 2010.

Où on peut lire :

Sexe des réalisateurs (échantillon 616 films)
73% des réalisateurs sont de sexe masculin et 27% de sexe féminin

Il y aurait donc presque autant de femme dans l’armée de l’air (21%) que de femme réalisatrice. C’est navrant. Promis, si je suis sélectionné à la prochaine commission du CNC,  je laisserais ma place à une femme.

(Note aux producteurs : je plaisante)

Toute cette belle misogynie mise à part, bonne nouvelle, j’ai terminé l’écriture de 3 m 60 depuis quelques jours !

Jusqu’à présent j’éprouvais un certain plaisir à terminer un projet. Parce qu’écrire prend beaucoup de mon énergie et de mon temps de cerveau disponible. Ce n’est pas le genre de chose que l’on peut déposer sur un coin de la table et récupérer quelques heures plus tard. En tout cas, pas chez moi. Il y a sûrement des gens qui vivent ça beaucoup plus simplement. Mais moi et la simplicité…

Attention, je ne dis pas que c’est une souffrance, loin de là. Mais c’est vrai que j’ai parfois l’impression d’être enchaîné à mes projets, sans savoir finalement pourquoi.

Il y a une phrase que les gens qui me côtoient (fous qu’ils sont) ont appris à détester « Je vais y aller. Faut que je travaille ». Une phrase que je répète sans cesse, matin et soir, avec quelques variantes, mais toujours accueillie dans la même perplexité. C’est difficile à comprendre, j’ai fait un choix de vie qui ne laisse pas beaucoup de place aux sorties et à l’épanouissement social.

Je suis de garde permanente. Mais contrairement au pompier ou au médecin urgentiste, je n’ai pas d’uniforme et ça ne force le respect de personne. Après tout, personne ne m’a rien demandé ! Et aucun de mes films n’a (encore) sauvé de vie.

Les rares moments désormais où je n’écris pas sont les moments où je prépare un tournage. Et tout cela s’accélère chaque jour un peu plus. A peine 3m60 fini que j’entame déjà l’écriture du prochain et que ma tête se remplie peu à peu d’un nouveau bordel. Avec cette même excitation d’inventer de nouvelles histoires. Et dire qu’avant j’avais peur de n’avoir rien à dire…

Ca fera probablement de moi un créateur prolixe (non, je n’ai pas dit Frolic)… Mais soyons honnête, je suis surtout un sale petit drogué.

Je m’en vais donc haïr l’humanité en regardant des casinos imploser.
Ah… Le printemps !


mar 16 2011

Des images d’Hors le Mur

Voici les premières images d’Hors le Mur.

Avec : Vincent Hermano, Ursula Kautto & Forlent Maréchal.

Chef opérateur : Yann Maritaud

Tourné en Red One.


mar 14 2011

Hors le Mur

Petite photo du tournage d’Hors le Mur !

(je me suis permis de flouter les visages de l’équipe technique… Non, ce ne sont pas des repris de justice, mais je ne leur ai pas encore demandé leur accord ;-)


fév 17 2011

Mais… Qu’est-ce ?

Une vive douleur à l’épaule…

Une forêt de canettes de coca…

Un téléphone qui sonne…

Pas de doute, ça sent la prépa de tournage !

Synopsis : Le mur a été construit en secret dans la nuit. Le lendemain matin, le pays était divisé en deux, séparant familles, clubs échangistes, équipes de foot  et quelques histoires d’amour. Pourtant, au kilomètre 324, un trou de quelques centimètres dans la muraille permet d’apercevoir ses proches ou de passer quelques grammes de cocaïne, contre un petit billet aux gardes-frontières…

Rendez-vous le 26 février pour le premier clap !